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Récap actu du 27 juin : Nikkei en forte baisse, l'or et le bitcoin pris dans la tourmente du « debasement trade »

Le récap complet de l'actualité économique du samedi 27 juin 2026 : marchés, obligations, crypto, macro. Le Nikkei chute de 4,15%, le debasement trade se dénoue, et l'Europe suffoque sous la canicule.

Billy RousseauBilly Rousseau8 min de lecture
Récap de l'actualité économique et financière du samedi 27 juin 2026

Voici le récap de l'actualité économique et financière du samedi 27 juin 2026. Les marchés étaient fermés ce week-end, mais la séance de vendredi a laissé des traces : le Nikkei a plongé de 4,15%, les places asiatiques ont largement décroché, et le « debasement trade » qui liait l'or, l'argent et le bitcoin continue de se dénouer sous l'effet d'une Fed résolument hawkish. Côté macro, l'Europe occidentale suffoque sous une canicule record qui commence à intéresser les investisseurs.

Les marchés actions le 27 juin 2026

Les places boursières étaient fermées ce samedi. Retour sur la séance de vendredi 26 juin, dernière journée de cotation de la semaine, qui a vu les marchés asiatiques lourdement chuter tandis que Wall Street et l'Europe limitaient la casse.

Le Nikkei 225 a dévissé de 4,15% à 69 360,88 points, selon les données de clôture de CNBC. Le Shanghai Composite a cédé 2,26% à 4 027,27 points, et le Hang Seng de Hong Kong a reculé de 1,76% à 22 671,86 points. La séance asiatique a été marquée par des ventes massives sur les valeurs technologiques et un regain de tension autour des politiques monétaires.

En Europe, le DAX allemand a perdu 1,29% à 24 671,22 points, plombé par le secteur industriel. Le CAC 40 a mieux résisté, cédant 0,55% à 8 384,87 points selon Le Figaro Bourse. Danone a signé la plus forte hausse du jour (+3,06%), tandis que STMicroelectronics accusait la plus lourde perte (-3,81%). Le FTSE 100 britannique a cédé 0,21% à 10 508,02 points.

À Wall Street, les indices ont terminé proches de l'équilibre après une séance volatile. Le S&P 500 a cédé 0,05% à 7 354,02 points, le Nasdaq Composite a reculé de 0,24% à 25 297,62 points, et le Dow Jones a perdu 0,09% à 51 876,11 points. Le CNBC Daily Open du 26 juin résumait la journée en une formule : « une séance, deux sell-offs majeurs », entre la débâcle asiatique et les tensions sur les taux.

Obligations et taux

Le marché obligataire reste dominé par les anticipations de resserrement monétaire. Samedi, CNBC rapportait les propos de George Bory, stratège en chef obligataire chez Allspring Global Investments, qui recommande aux investisseurs de se tourner vers les obligations d'État en dehors des États-Unis.

« Les marchés obligataires du monde entier se sont précipités pour intégrer l'inflation dans leurs prix », a-t-il déclaré à l'émission « ETF Edge » de CNBC. « Des endroits comme le Royaume-Uni, l'Europe, et même l'Australie ont connu une remontée significative des anticipations de resserrement des banques centrales. »

La BCE a relevé ses taux de 25 points de base le 11 juin, les portant à 2,25%, son premier tour de vis depuis septembre 2023. Aux États-Unis, la Fed n'a pas touché à ses taux depuis juillet 2023, mais l'outil FedWatch du CME Group indiquait vendredi soir une probabilité de 78% d'une hausse en décembre 2026, selon les données relayées par CNBC.

Steve Laipply, co-responsable mondial des ETF obligataires chez BlackRock, voit lui aussi des avantages à s'exposer aux obligations européennes : « Beaucoup d'investisseurs obligataires sont très centrés sur les États-Unis. Le marché obligataire mondial est massif, et diversifier sa duration, son risque de crédit et sa sélection de titres peut faire du bien à un portefeuille. »

Le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, a adopté un ton hawkish lors de sa première réunion, et les marchés anticipent désormais deux hausses de taux d'un quart de point d'ici mars 2027, ce qui porterait le taux directeur de la Fed entre 4,00% et 4,25%, selon CoinDesk. Le dollar américain a progressé de 0,8% sur la seule semaine écoulée.

Crypto

Le « debasement trade », ce pari qui consiste à miser sur des actifs rares (or, argent, bitcoin) pour se protéger de l'érosion des devises, est en train de se dénouer. Et le bitcoin se retrouve pris dans la tempête.

Dans une analyse publiée samedi soir, CoinDesk décrit un mouvement de fond : l'or est passé sous les 4 000 dollars pour la première fois depuis novembre, l'argent a perdu plus de la moitié de sa valeur par rapport à son pic, et le bitcoin est retombé à près de 58 000 dollars. « L'ampleur du retournement est considérable », écrit Shaurya Malwa. « L'or a cédé environ 28% depuis son record de janvier 2025 autour de 5 600 dollars, l'argent a chuté de plus de 50% depuis son sommet près de 120 dollars, et le bitcoin a perdu environ 50% depuis son pic d'octobre. »

Le bitcoin est passé sous sa moyenne mobile à 200 semaines, un indicateur technique suivi de près, qui se situe autour de 60 000 dollars. Sur les dernières 24 heures (samedi), le BTC s'échangeait autour de 60 110 dollars (-0,10%), l'Ethereum à 1 572 dollars (-0,31%), le XRP à 1,05 dollar (-1,06%) et le Solana à 70,72 dollars (-1,52%), selon les données en direct de CoinDesk.

Le mécanisme est clair : « Des taux plus élevés augmentent les rendements réels, ce qui renchérit le coût de détention de l'or, de l'argent ou du bitcoin, aucun de ces actifs ne versant de rendement. Un dollar plus fort les rend également plus chers pour les acheteurs utilisant d'autres devises. »

Strategy (ex-MicroStrategy) voit sa valorisation boursière passer sous la valeur de ses avoirs en bitcoin, une première depuis des années. Selon CoinDesk, les investisseurs valorisaient jusqu'ici l'entreprise bien au-dessus de ses bitcoins, ce qui offrait à Michael Saylor une flexibilité considérable pour lever des capitaux. Ce premium a désormais disparu.

Ailleurs dans l'actualité crypto, Changpeng Zhao, fondateur de Binance, attribue le marasme de 2026 à un mélange d'intelligence artificielle, de tensions géopolitiques et de cycle de quatre ans, dans une interview publiée samedi sur CoinDesk.

Le piratage de Polymarket a été réévalué à 3,1 millions de dollars, quelques jours après que la plateforme de marchés prédictifs a promis des remboursements complets à ses utilisateurs, rapporte CoinDesk. La plateforme fait par ailleurs l'objet d'une enquête pour pratiques marketing trompeuses.

Le PDG de Ripple reste haussier sur le bitcoin mais estime que la stratégie de Michael Saylor a « nui à la crypto », selon des propos relayés samedi par CoinDesk.

Macroéconomie

L'Europe occidentale traverse une canicule exceptionnelle pour un mois de juin. Des alertes rouges ont été émises au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Suisse et en Italie, avertissant d'un « risque pour la vie, y compris pour la population en bonne santé », selon un article publié samedi par CNBC.

Les températures ont dépassé les 40°C dans plusieurs villes, avec des « nuits tropicales » n'offrant que peu de répit. En France, 54 départements sur 96 étaient placés en vigilance rouge canicule le 22 juin. Le gouvernement français a annoncé la prolongation des soldes d'été pour compenser la baisse de fréquentation des commerces, rapporte La Tribune. Les hôpitaux parisiens sont sous pression, le plan blanc ayant été déclenché en Île-de-France.

Du côté des investisseurs, la canicule commence à être perçue comme une opportunité structurelle. Stephanie Niven, co-gérante du fonds Global Sustainable Equity chez Ninety One, a déclaré à CNBC que son équipe considérait « la multiplication des conditions météorologiques extrêmes en Europe comme une opportunité de croissance structurelle pour l'investissement ». Son fonds investit dans des entreprises actives dans la décarbonation, l'adaptation climatique, la gestion de l'eau, la pollution et l'impact santé. Parmi les secteurs ciblés : l'assurance (Aon, Intact Financial) et les équipements de refroidissement.

Conclusion

Ce samedi 27 juin, les marchés étaient fermés, mais les dynamiques de fond restent à l'oeuvre. La séance de vendredi a confirmé la nervosité des places asiatiques, avec un Nikkei en chute de plus de 4%. Le dénouement du « debasement trade » continue de peser sur l'or, l'argent et le bitcoin, sous l'effet d'une Fed déterminée à maintenir une politique restrictive. Sur le front obligataire, les stratèges recommandent de regarder au-delà des États-Unis, là où les banques centrales relèvent activement leurs taux. Et du ciel à l'économie réelle, la canicule européenne rappelle que le climat est devenu une variable financière à part entière.

Rendez-vous demain pour le prochain récap.

Sources

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