Simulateur d'inflation
Calcule la perte de pouvoir d'achat liée à l'inflation et le capital nominal nécessaire pour préserver ton patrimoine en valeur réelle.
Simuler l'impact de l'inflation
Comment fonctionne le calcul (formule)
Le simulateur applique la formule de l'érosion monétaire à taux d'inflation constant :
P(n) = M / (1 + i)^n
Où P(n) = pouvoir d'achat dans n années (en euros constants d'aujourd'hui), M = montant aujourd'hui, i = taux d'inflation annuel, n = durée. Symétriquement, le capital nominal nécessaire pour conserver le pouvoir d'achat actuel se calcule par K(n) = M × (1 + i)^n. C'est la même mécanique que les intérêts composés, mais à rebours : chaque année grignote un pourcentage de la valeur réelle, et l'effet s'amplifie dans le temps.
Pourquoi l'inflation détruit l'épargne dormante
Prenons un cas concret. 100 € en 2005 valent environ 73 € en 2026 en pouvoir d'achat (inflation cumulée ~37% sur 21 ans selon l'INSEE). Sur le même horizon, un compte courant à 0% a donc perdu plus du quart de sa valeur réelle. Un Livret A à 1,5% en moyenne sur la période a à peine compensé l'inflation. Seuls les actifs à rendement réel positif (actions, immobilier bien situé) ont créé de la valeur.
Projeté sur 30 ans avec une inflation de 2% : 10 000 € laissés sur un compte non rémunéré ne valent plus que 5 521 € en pouvoir d'achat. Pour conserver les 10 000 € actuels en 2056, il faudrait avoir accumulé 18 114 € nominaux — soit 81% de plus. C'est précisément pour ça que l'épargne de précaution doit être placée sur un livret réglementé indexé, et que l'épargne longue doit chercher du rendement réel via des actifs risqués.
Trois stratégies anti-inflation
1. Actions diversifiées long terme. Un ETF MSCI World ou S&P 500 délivre historiquement 7-8% nets, soit 5-6 points au-dessus de l'inflation moyenne. Logé en PEA (exonération d'IR après 5 ans) ou en assurance-vie (abattement après 8 ans), c'est le levier le plus puissant pour faire croître le patrimoine en termes réels. Contrepartie : volatilité, drawdowns ponctuels de -30% à -50%, horizon minimum recommandé 8-10 ans.
2. LEP et livrets réglementés. Le LEP (Livret d'Épargne Populaire) à 2,5% en mai 2026 est le seul produit garanti qui bat l'inflation projetée de 2026 — réservé aux foyers fiscaux modestes (plafond ~22 800 € de RFR pour un célibataire). Le Livret A à 1,5% reste légèrement sous l'inflation mais demeure le meilleur outil pour l'épargne de précaution liquide. Au-delà des plafonds (10 000 € LEP, 22 950 € Livret A), l'argent doit aller ailleurs.
3. Immobilier locatif et SCPI. L'IRL (Indice de Référence des Loyers) indexe partiellement les loyers sur l'inflation, et la valeur du bien suit historiquement les prix sur le long terme. SCPI à 4,5-5% nets de fiscalité couvrent largement l'inflation. Limite : ticket d'entrée élevé en direct, fiscalité IR + PS sur les revenus fonciers.
Limites du modèle
Le simulateur applique un taux d'inflation constant sur toute la durée — la réalité est plus volatile (1% en 2020, 5% en 2022, 1,7% projeté en 2026). Un calcul réaliste devrait moyenner sur des cycles complets. Par ailleurs, l'inflation perçue par chaque ménage diffère de l'IPC moyen : un foyer avec un fort budget énergie ou logement subit une inflation supérieure à la moyenne, pendant qu'un foyer techno-équipé bénéficie de prix qui baissent (téléviseurs, ordinateurs). Enfin, l'IPC n'intègre pas les prix immobiliers à l'achat — un poste pourtant majeur du patrimoine. Utilise ces résultats pour comparer des scénarios, pas comme une prédiction exacte.
