Fiscalité assurance-vie 2026 : rachats, abattements, PFU, décès : le guide complet
Fiscalité de l'assurance-vie en 2026 : rachats, abattement après 8 ans, taux d'IR de 7,5 % ou 12,8 % selon les primes, prélèvements sociaux et décès.

La fiscalité d'un retrait d'assurance-vie se lit en trois étapes : identifier la part de gains comprise dans le retrait, regarder l'ancienneté du contrat et distinguer les primes versées avant ou depuis le 27 septembre 2017. L'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux se calculent ensuite selon des règles différentes. Le décès relève encore d'un autre régime.
Correction documentaire du 25 octobre 2026 : les compartiments de versements, le choix au barème, les abattements et les réponses FAQ ont été précisés avec les sources officielles ci-dessous. Cette mise à jour ne constitue pas une nouvelle revue exhaustive de tous les contrats et cas particuliers. La dernière vérification globale reste celle du 26 juin 2026.
L'essentiel avant de retirer de l'argent
- L'impôt sur le revenu porte sur les gains compris dans le rachat, pas sur toute la somme retirée. Cela ne garantit pas de récupérer la totalité des versements : les unités de compte peuvent perdre de la valeur.
- Pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017, le taux forfaitaire d'impôt sur le revenu avant huit ans est de 12,8%. Il ne change pas à quatre ans.
- Après huit ans, l'abattement annuel sur les gains est de 4 600€ pour une personne seule ou 9 200€ pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune, tous contrats concernés confondus.
- Cet abattement ne s'applique pas aux prélèvements sociaux. Leur taux de droit commun en assurance-vie est de 17,2% ; les contrats de rente-survie et d'épargne handicap ont un régime particulier.
- L'option pour le barème sur les revenus relevant du PFU est globale : elle ne se choisit pas uniquement à partir de la fiscalité de ce retrait.
Référence pour les règles générales et les exceptions : Service-Public, imposition de l'assurance-vie. Ce guide vise une personne physique résidente fiscale de France et un retrait en capital d'un contrat ordinaire. Les non-résidents, sorties en rente et régimes particuliers nécessitent une analyse distincte.
Quelle partie d'un rachat est imposable ?
Un rachat partiel comprend une fraction de versements et une fraction de gains. Vous ne pouvez pas décider de retirer uniquement votre capital pour éviter l'impôt. Dans un cas simple sans retrait antérieur, la quote-part de gains se calcule ainsi :
Gains compris dans le rachat = montant retiré × (valeur du contrat − versements) / valeur du contrat
Exemple pédagogique : un contrat vaut 100 000 €, après 80 000 € de versements et sans rachat antérieur. Un retrait de 10 000 € contient 2 000 € de gains et 8 000 € de capital. Ce sont les 2 000 € de gains qui servent de point de départ au calcul fiscal, avant l'abattement éventuel. Ces montants illustrent une formule, pas un rendement attendu.
Après des rachats successifs, il faut tenir compte du capital déjà remboursé. Un contrat en perte ou comportant plusieurs compartiments de versements demande aussi un calcul adapté. Utilisez le décompte fiscal de l'assureur et son imprimé fiscal unique plutôt qu'une estimation tirée du seul solde du contrat.
La doctrine BOFiP sur l'assiette et l'abattement détaille ces règles. Pour préparer les étapes du retrait, consultez notre guide du rachat partiel d'assurance-vie.
Tableau : quels taux selon les versements et l'âge du contrat ?
Le tableau distingue uniquement l'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux sont à examiner séparément, notamment pour ne pas prélever deux fois ceux déjà acquittés.
| Compartiment de gains | Situation du contrat au rachat | Impôt sur le revenu au taux forfaitaire | Abattement annuel sur les gains |
|---|---|---|---|
| Gains liés aux primes versées depuis le 27 septembre 2017 | Moins de huit ans | 12,8%, sauf option globale pour le barème | Aucun |
| Gains liés aux primes versées depuis le 27 septembre 2017 | Au moins huit ans | 7,5% sur la fraction éligible ; 12,8% sur l'autre fraction, sauf option globale pour le barème | 4 600€ ou 9 200€ selon le foyer |
| Gains liés aux primes versées avant le 27 septembre 2017 | Au moins huit ans, ce qui est le cas en 2026 | Barème, ou prélèvement forfaitaire libératoire de 7,5% choisi selon les règles de ce compartiment | Même abattement annuel, pas un second abattement |
Pour un contrat ordinaire de moins de huit ans alimenté depuis le 27 septembre 2017, l'addition du taux forfaitaire d'IR et des prélèvements sociaux de droit commun correspond à 30%. Ce total ne décrit ni tous les rachats après huit ans, ni tous les régimes particuliers.
Les contrats les plus anciens et certains versements historiques peuvent bénéficier d'exonérations spécifiques. Le tableau n'est pas une grille universelle applicable à tout contrat ancien. La fiche Service-Public permet de sélectionner sa date de souscription et sa période de versement.
Pourquoi le seuil de primes ne correspond pas à la valeur actuelle du contrat
Pour les gains attachés aux versements récents d'un contrat d'au moins huit ans, le seuil de 150 000€ ne correspond ni au montant du retrait ni à l'encours de chaque contrat pris isolément. Il porte sur les primes non encore remboursées en capital, appréciées au 31 décembre de l'année précédant le rachat, sur l'ensemble des contrats et placements de même nature visés par la règle.
Si le seuil est dépassé, une fraction des gains récents peut rester éligible au taux de 7,5%, selon les primes anciennes et récentes. Il ne faut donc pas taxer automatiquement tous les gains à 12,8% dès le premier euro de dépassement. Demandez à l'assureur la ventilation et vérifiez les informations relatives aux autres contrats. Le BOFiP sur les taux forfaitaires et l'option au barème expose le calcul aux paragraphes 140 et suivants.
Après huit ans : comment fonctionne l'abattement ?
L'abattement s'applique aux gains imposables de l'année, pas au montant brut retiré. Il est partagé entre les contrats détenus par le contribuable ou les membres du couple soumis à imposition commune. Ouvrir plusieurs contrats ne multiplie pas l'abattement.
Dans l'exemple précédent, une personne seule retirant 2 000 € de gains après huit ans, sans autre gain d'assurance-vie concerné dans l'année, reste sous l'abattement. Elle n'a donc pas d'impôt sur le revenu à payer sur ces gains. Les prélèvements sociaux restent dus selon leur régime, après prise en compte de ceux déjà prélevés.
L'abattement est annuel : une fraction inutilisée ne se reporte pas sur l'année suivante. Répartir des rachats sur plusieurs années peut permettre d'utiliser plusieurs abattements annuels, mais ce n'est pas une consigne de retrait automatique : besoins d'argent, frais, évolution des supports et autres gains du foyer doivent être examinés. La doctrine sur l'assiette précise aussi l'ordre d'imputation lorsqu'il existe plusieurs compartiments fiscaux.
Pourquoi un prélèvement peut-il apparaître malgré l'abattement ?
Pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017, un prélèvement forfaitaire non libératoire peut être retenu au paiement : il s'agit d'un acompte d'impôt, distinct de l'impôt définitif établi avec la déclaration. Une régularisation tient ensuite compte de l'abattement, du taux applicable et du prélèvement déjà effectué.
Une dispense d'acompte peut être demandée sous conditions de revenu fiscal de référence et de délai. Cette dispense d'acompte n'est pas une exonération de l'impôt définitif ni des prélèvements sociaux. Ne confondez pas ce mécanisme avec l'option pour le prélèvement forfaitaire libératoire attachée aux versements antérieurs à la réforme. Les étapes sont décrites dans la fiche fiscale officielle.
PFU ou barème : pourquoi la seule TMI ne suffit pas à choisir
Pour les produits relevant du PFU, l'option globale pour le barème concerne les revenus et gains entrant dans le champ du PFU au titre de la même année. Elle peut donc modifier l'impôt sur d'autres placements du foyer. Elle ne transforme pas les revenus exonérés en revenus imposables et ne se limite pas à un seul contrat d'assurance-vie.
Avant huit ans, comparer une TMI de 11 % à un taux forfaitaire d'IR de 12,8% peut donner un premier repère. Après huit ans, le taux de 7,5% est inférieur à une TMI de 11 % pour la fraction des gains qui y est éligible. Il est donc faux de recommander systématiquement le barème à tous les foyers faiblement imposés. Si l'abattement absorbe tous les gains du contrat, c'est encore un autre cas de figure.
La décision utile est de comparer deux simulations du foyer avec les mêmes revenus, et non deux pourcentages isolés. Il faut tenir compte des autres revenus et plus-values concernés et des règles propres à chaque compartiment. La doctrine BOFiP précise le caractère global de cette option aux paragraphes 290 et suivants.
Quand les prélèvements sociaux sont-ils dus ?
Sur un contrat ordinaire, le taux de référence est de 17,2%. L'abattement après huit ans porte sur l'IR, pas sur ces prélèvements. Les intérêts des fonds en euros et les gains des unités de compte n'ont pas nécessairement le même calendrier de prélèvement : il faut tenir compte des montants déjà prélevés en cours de contrat lors du décompte du rachat.
Le mot « toujours » est à éviter : certains cas d'exonération d'IR répondent à des conditions précises et ne permettent pas d'en déduire automatiquement une exonération sociale. Service-Public signale également le régime particulier des contrats de rente-survie et d'épargne handicap. Vérifiez le cas concerné dans la fiche d'imposition de l'assurance-vie, plutôt que d'appliquer le taux d'un compte-titres à l'assurance-vie.
Au décès : ne pas confondre les deux abattements
Le régime au décès n'est pas celui d'un rachat par le souscripteur. L'âge lors du versement, la date de souscription, les bénéficiaires et les dates des primes comptent. Les repères ci-dessous concernent le cas courant d'un contrat souscrit depuis le 20 novembre 1991 ; pour le premier régime, les primes ont été versées depuis le 13 octobre 1998 avant les 70 ans de l'assuré.
| Cas courant | Repère fiscal au décès |
|---|---|
| Primes entrant dans l'article 990 I du CGI | Abattement de 152 500€ par bénéficiaire, tous contrats du même assuré concernés confondus ; puis 20% sur les premiers 700 000€ de part taxable et 31,25% au-delà |
| Primes versées après 70 ans relevant de l'article 757 B du CGI | Abattement global de 30 500€ sur les primes concernées, partagé entre contrats et bénéficiaires ; au-delà, droits selon le lien de parenté, sous réserve des autres abattements et exonérations applicables |
| Conjoint marié ou partenaire de Pacs bénéficiaire | Exonération de la fiscalité de transmission concernée |
Dans le régime de l'article 757 B, les gains attachés aux primes concernées sont exclus de l'assiette des droits de succession. Cela ne signifie pas que tous les prélèvements sociaux éventuels disparaissent. L'abattement de 30 500€ n'est pas accordé à chacun des bénéficiaires.
Pour les dates et assiettes exactes, consultez le BOFiP sur le prélèvement de l'article 990 I et le BOFiP sur les droits de mutation et l'article 757 B. Les contrats antérieurs, primes plus anciennes, clauses démembrées et situations internationales nécessitent un examen particulier. Notre guide assurance-vie et succession approfondit cette intention distincte.
La clause bénéficiaire n'est pas forcément nominative
Une clause standard peut être adaptée, tout comme une clause nominative. Il faut surtout qu'elle corresponde aux personnes à protéger et prévoie les situations de remplacement. La désignation « mon conjoint » vise en principe la personne mariée au moment du décès : elle n'inclut pas automatiquement le partenaire de Pacs ni le concubin.
Une clause nominative doit permettre d'identifier les personnes sans ambiguïté. Si le bénéficiaire a accepté sa désignation selon les formes légales, certaines modifications et opérations peuvent nécessiter son accord. Voir Service-Public, souscription et clause bénéficiaire et fonctionnement du contrat et rachats. Une situation familiale complexe se traite avec un professionnel du droit, pas avec une clause copiée sans vérification.
La checklist avant de décider
- Relevez la date d'effet du contrat, les périodes de versement et les rachats déjà effectués.
- Demandez le montant de gains inclus dans le rachat, leur ventilation fiscale et les prélèvements sociaux déjà acquittés.
- Additionnez les gains concernés sur les autres contrats du foyer pour vérifier l'abattement disponible. Un rachat partiel laisse vivre le contrat ; un rachat total le clôture.
- Comparez les deux options d'impôt à l'échelle du foyer lorsque le choix est pertinent, et contrôlez les frais ainsi que les conditions du retrait.
- Si la question est de choisir un contrat plutôt que de retirer, comparez aussi les frais, supports, garanties et risques : le régime fiscal ne suffit pas à choisir une offre.
Le fonctionnement décrit par Service-Public rappelle les différences entre rachat partiel et total et le risque des unités de compte. Pour prolonger la comparaison, utilisez notre comparateur d'assurances-vie ou notre analyse de Meilleurtaux Placement si cet intermédiaire fait partie de votre sélection. Ce sont des parcours documentaires, pas une recommandation de fermer votre contrat ni la promesse d'un avantage fiscal supplémentaire. Pour comparer les enveloppes, voir aussi PEA ou assurance-vie.
Questions fréquentes
Après huit ans, l'abattement porte-t-il sur le retrait ou sur les gains ?▼
Les retraits deviennent-ils totalement exonérés après huit ans ?▼
Le taux baisse-t-il automatiquement après quatre ans ?▼
Le barème est-il toujours préférable avec de faibles revenus ?▼
Plusieurs contrats donnent-ils plusieurs abattements annuels ?▼
Un rachat peut-il être prélevé avant la régularisation de l'impôt ?▼
Références documentaires
Consulte les documents et les pages associés à cette analyse.
- Service-Public — Imposition de l'assurance-viewww.service-public.gouv.fr
- BOFiP — Taux forfaitaires, seuil de primes et option globale au barèmebofip.impots.gouv.fr
- BOFiP — Assiette des produits et abattement annuelbofip.impots.gouv.fr
- BOFiP — Prélèvement au décès, article 990 I du CGIbofip.impots.gouv.fr
- BOFiP — Assurance-vie et droits de mutation, article 757 B du CGIbofip.impots.gouv.fr
- Service-Public — Souscription et clause bénéficiairewww.service-public.gouv.fr
- Service-Public — Fonctionnement et rachats d'un contrat d'assurance-viewww.service-public.gouv.fr
- Référence historique non revalidée — impots.gouv.fr, produits d'assurance-vie depuis 2018www.impots.gouv.fr
- Référence historique non revalidée — impots.gouv.fr, bénéficiaire d'une assurance-viewww.impots.gouv.fr
- Référence historique non utilisée pour les chiffres — France Assureurs, assurance vie en 2025www.franceassureurs.fr
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