Beta
Coefficient mesurant la sensibilité d'un actif aux variations du marché. Beta = 1 : suit l'indice. Beta supérieur à 1 : amplifie. Beta inférieur à 1 : amortit. Beta négatif : évolue à l'inverse.
Aussi appelé : coefficient beta, β
Définition
Le beta est le coefficient statistique qui mesure la sensibilité d'un actif (action, fonds, ETF) aux variations de son marché de référence. Il quantifie le risque systématique, c'est-à-dire la part du risque non diversifiable. Concept central du modèle MEDAF (Sharpe, 1964), il complète l'alpha dans l'évaluation de la performance ajustée du risque.
Comment ça fonctionne
Formule :
β = Cov(Rp, Rm) / Var(Rm)
Interprétation :
- β = 1 : l'actif suit l'indice (un ETF MSCI World a un beta de 1 par construction face à son benchmark)
- β supérieur à 1 : l'actif amplifie les variations (LVMH a un beta historique d'environ 1,2 ; le Nasdaq vs S&P 500 ≈ 1,3)
- β inférieur à 1 (entre 0 et 1) : l'actif est moins volatil que le marché (utilities, consommation de base ≈ 0,6 à 0,8)
- β négatif : l'actif évolue à l'inverse (or, certains ETF inverses)
Exemple : marché baisse de 10 % sur un mois. Action avec β = 1,5 attendue à -15 %. Action défensive β = 0,7 attendue à -7 %. Le beta est calculé sur 36 ou 60 mois glissants.
Quand l'utiliser
- Construire un portefeuille selon la tolérance au risque : beta global pondéré ciblé selon le profil
- Mesurer le risque d'un fonds actif vs son indice (coupler avec l'alpha)
- Stratégie low-vol : sur-pondérer les actions à beta faible (foncières, télécoms, healthcare) en phase de marché incertain
- Comprendre l'origine de la performance d'un fonds : beta élevé en bull market = perf qui semble forte mais sans alpha
Limites / pièges
- Beta historique : pas prédictif. Une action peut changer de profil après une fusion, un secteur en mutation.
- Sensible à la période : un beta sur 5 ans peut différer du beta sur 1 an.
- Marché de référence : un beta vs CAC 40 et vs MSCI World peut être très différent.
- Hypothèse de linéarité : les rendements ne sont pas toujours linéairement liés (asymétrie des distributions).
Source : Sharpe W. (1964), Capital Asset Prices: A Theory of Market Equilibrium under Conditions of Risk, The Journal of Finance.
