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Concepts

Risque de change

Risque de variation de la valeur d'un actif libellé en devise étrangère, dû aux fluctuations du cours de cette devise contre la monnaie de référence de l'investisseur (l'euro pour un résident français).

Aussi appelé : risque devise, FX risk, currency risk

Définition

Le risque de change est la perte potentielle liée à la variation du cours d'une devise étrangère par rapport à la monnaie de référence de l'investisseur. Pour un résident français, cette monnaie est l'euro. Tout actif libellé en dollar, livre, yen ou franc suisse génère une exposition au risque de change, qui se superpose au risque propre de l'actif.

Comment ça fonctionne

Si vous achetez 10 000 $ d'actions Apple à un cours EUR/USD de 1,10 (soit 9 091 €), puis que l'EUR/USD passe à 1,20, vos 10 000 $ ne valent plus que 8 333 €, soit une perte de change de 8,3 % indépendante du cours d'Apple. Inversement, si l'EUR/USD baisse à 1,00, vous gagnez mécaniquement 909 €.

Cette exposition se mesure par la volatilité de la paire de devises :

  • EUR/USD : volatilité annuelle d'environ 8 à 10 %
  • EUR/JPY : 10 à 12 %
  • EUR/CHF : 5 à 7 %

Couverture (hedging) : les ETF dits hedgés utilisent des contrats à terme pour neutraliser cette exposition, moyennant un coût annuel de 0,1 à 0,5 %. Un ETF MSCI World hedgé en euro reproduit la performance pure des actions mondiales sans effet de change.

Quand l'utiliser

  • Diversifier hors zone euro : l'écrasante majorité des actifs cotés sont en dollar (60 % du MSCI World). Ne pas s'exposer reviendrait à se priver des États-Unis.
  • Lisser sur le long terme : sur 15 ans et plus, l'effet change tend à s'atténuer (mean reversion).
  • Hedger les obligations : sur les obligations étrangères, le risque de change peut excéder le rendement. Préférer la version hedgée.
  • Ne pas hedger les actions : sur le long terme, le coût de couverture érode la performance.

Limites / pièges

  • Effet asymétrique : les baisses de l'euro favorisent les exportateurs européens (Total, LVMH) — l'exposition indirecte au dollar est partout.
  • Coût de hedging variable : il dépend du différentiel de taux. En 2022-2024, hedger l'USD coûtait plus de 2 % par an au lieu de 0,3 %.
  • Faux sentiment de sécurité : un ETF hedgé reste exposé au risque actions, juste pas au risque de change.
  • Devises émergentes : volatilité bien supérieure (15 à 25 %), couverture coûteuse ou indisponible.
  • Compte-titres vs PEA : le PEA est cantonné à l'euro, ce qui élimine de fait le risque de change mais limite la diversification géographique.

Voir aussi