Règle des 4 %
Méthode de décaissement : retirer 4 % du portefeuille la première année, puis ajuster ce montant à l'inflation. C'est un scénario historique, pas une garantie de revenu.
Aussi appelé : règle des quatre pour cent, 4% rule, taux de retrait sûr, safe withdrawal rate
La règle des 4 % est une méthode de planification des retraits à la retraite. Elle consiste à retirer 4 % du portefeuille au cours de la première année, puis à augmenter ou diminuer ce montant en euros selon l'inflation. Elle ne consiste pas à recalculer 4 % du capital restant chaque année.
Exemple exact
Avec 500 000 € au départ :
- première année : 20 000 € ;
- si l'inflation de l'année est de 2 %, retrait suivant : 20 400 € ;
- le montant est ajusté à l'inflation, indépendamment de la valeur momentanée du portefeuille.
Les impôts, frais de produits et frais de conseil doivent être financés par ce budget ou ajoutés au besoin de capital. Un besoin net de 20 000 € ne correspond donc pas automatiquement à un retrait brut de 20 000 €.
D'où vient-elle ?
William Bengen a publié en octobre 1994 Determining Withdrawal Rates Using Historical Data. Son étude historique portait sur des portefeuilles américains d'actions et d'obligations, rééquilibrés, avec des retraits ajustés à l'inflation. Il écrivait qu'un retrait initial de 4 %, suivi d'ajustements à l'inflation, n'avait pas épuisé le portefeuille avant 33 ans dans les séquences américaines qu'il avait testées à partir de 1926.
Bengen précise aujourd'hui que son résultat initial exact était 4,15 %, arrondi ensuite en « règle des 4 % », et qu'il ne présentait pas ce chiffre comme une prescription adaptée à tous les retraités.
L'étude de Cooley, Hubbard et Walz publiée en 1998, souvent appelée Trinity Study, a ensuite comparé plusieurs taux, allocations et horizons à partir de données américaines de 1926 à 1995. Elle a popularisé l'analyse par taux de réussite, mais n'est pas l'origine du travail de Bengen.
Pourquoi ce n'est pas une garantie
La règle repose sur des observations historiques américaines. Elle ne garantit pas que les rendements futurs, l'inflation, la fiscalité ou la longévité reproduiront le passé. Une étude de Jason Scott, William Sharpe et John Watson publiée en 2008 critique aussi l'inefficience d'un revenu réel rigide financé par un portefeuille volatil : certains scénarios laissent de gros surplus, d'autres créent des tensions sur les dépenses.
Les principaux risques sont :
- une forte baisse au début de la retraite, appelée risque de séquence ;
- une retraite supérieure à trente ans ;
- des frais élevés ;
- une inflation durablement forte ;
- une allocation différente des portefeuilles étudiés ;
- la fiscalité et les enveloppes françaises ;
- des dépenses exceptionnelles de santé, de logement ou de dépendance.
Comment l'utiliser en France
Utilisez 4 % comme hypothèse de départ à tester, pas comme promesse. Un plan robuste précise :
- le besoin annuel net après pensions et autres revenus ;
- les impôts et frais ;
- l'allocation du portefeuille ;
- l'horizon, avec une marge si la retraite commence tôt ;
- les règles de réduction ou de gel des retraits après une mauvaise année ;
- une réserve séparée pour les dépenses exceptionnelles.
La conversion mécanique est simple :
Capital indicatif = dépenses annuelles à financer ÷ 0,04
Ainsi, 24 000 € par an correspondent à 600 000 € de capital dans ce scénario. Ce calcul ne prouve pas que 600 000 € suffiront réellement.
Sources primaires
- William Bengen, présentation rétrospective de la règle des 4 %, consultée le 3 août 2026
- William Bengen, Determining Withdrawal Rates Using Historical Data, octobre 1994, copie archivée
- Cooley, Hubbard et Walz, Retirement Savings: Choosing a Withdrawal Rate That Is Sustainable, AAII Journal, 1998
- Scott, Sharpe et Watson, The 4% Rule — At What Price?, Stanford University, 2008
