Spread
Écart entre deux prix ou deux taux. En Bourse, désigne souvent l'écart bid-ask (achat/vente). Pour les obligations, le spread de crédit mesure la prime de risque par rapport à l'obligation sans risque de référence.
Aussi appelé : écart, fourchette, bid-ask spread
Définition
Un spread est, au sens littéral, un écart. En finance, ce terme générique recouvre plusieurs réalités selon le contexte : écart entre prix d'achat et prix de vente d'un actif (bid-ask), différentiel de rendement entre deux obligations, écart de taux entre devises, ou encore écart de performance entre secteurs.
Comment ça fonctionne
Spread bid-ask (fourchette) : différence entre le meilleur prix offert par les acheteurs (bid) et le meilleur prix demandé par les vendeurs (ask). Sur une action liquide du CAC 40, environ 0,02 à 0,05 %. Sur un ETF MSCI World en heures de marché, 0,03 à 0,08 %. Sur une obligation corporate peu échangée, 0,5 à 2 %. Le spread est un coût de transaction implicite qui s'ajoute aux frais de courtage.
Spread de crédit : différentiel de rendement entre une obligation et le taux sans risque de même maturité. Une obligation Renault à 4,5 % vs OAT 10 ans à 3,4 % donne un spread de 110 points de base (1,10 %). Plus le spread est large, plus le marché perçoit un risque de défaut élevé.
Spread de taux souverain : entre deux États, mesure la prime de risque relative. Le célèbre spread OAT-Bund (France contre Allemagne) est suivi quotidiennement.
Spread d'option, spread sectoriel, spread de calendrier : autant de stratégies dérivées plus avancées.
Quand l'utiliser
- Évaluer la liquidité d'un actif avant achat : un spread bid-ask étroit signale un marché actif
- Mesurer le risque de crédit d'une obligation par rapport à sa référence souveraine
- Suivre la santé de la zone euro via le spread OAT-Bund (stress souverain)
- Comparer les courtiers : certains brokers en CFD ou crypto réalisent leur marge via un spread élargi plutôt qu'une commission affichée
- Stratégies d'arbitrage : long sur l'actif sous-évalué, short sur le sur-évalué
Limites / pièges
- Spread caché : les courtiers « zéro frais » se rémunèrent souvent sur le spread (PFOF aux États-Unis, élargissement de fourchette).
- Élargissement en stress : pendant les crises, les spreads explosent — la liquidité disparaît au pire moment.
- Comparaisons internationales : un spread 4 % en France peut paraître élevé, mais beaucoup plus bas qu'aux États-Unis sur certains segments. Toujours rapporter au benchmark local.
- Spread négatif : sur certains marchés (matières premières en backwardation, obligations d'État premium), un spread peut être nul voire négatif — situations exceptionnelles à analyser.
- Confusion : ne pas confondre spread (écart de prix/taux) et marge bénéficiaire d'une entreprise.
