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Concepts

Risque de crédit

Risque qu'un emprunteur (entreprise, État, particulier) ne rembourse pas tout ou partie de sa dette à l'échéance. Mesuré par les notations (Moody's, S&P, Fitch) et le spread de taux par rapport aux obligations sans risque.

Aussi appelé : risque de défaut, credit risk, risque émetteur

Définition

Le risque de crédit (ou risque de défaut) est la probabilité qu'un emprunteur ne respecte pas ses obligations contractuelles : non-paiement d'un coupon, retard de remboursement, restructuration, voire défaut total. Pour l'investisseur en obligations, ce risque est rémunéré par un spread de crédit au-dessus du taux sans risque.

Comment ça fonctionne

Trois grandes agences notent les emprunteurs sur une échelle commune :

  • Investment Grade : AAA à BBB- (S&P, Fitch) ou Aaa à Baa3 (Moody's). Risque faible.
  • High Yield (ou speculative grade) : BB+ et en-dessous. Risque élevé, rendement plus élevé.
  • Défaut : D ou C, l'emprunteur ne paie plus.

Le spread de crédit est la différence de rendement entre une obligation risquée et une obligation d'État de même maturité. Exemple en mai 2026 :

  • OAT 10 ans (France, AA-) : 3,4 %
  • Obligation Renault 10 ans (BBB) : 4,5 % → spread de 110 points de base

Plus la note dégrade, plus le spread s'élargit. Un défaut entraîne typiquement une perte en capital de 30 à 60 % (taux de recouvrement de 40 à 70 %).

Quand l'utiliser

  • Évaluer une obligation avant achat : note, secteur, maturité, dette/EBITDA, free cash flow
  • Construire un portefeuille obligataire diversifié : mélange Investment Grade et High Yield selon la tolérance
  • Comprendre le rendement d'un fonds euros : une partie significative provient du portage obligataire, donc du risque de crédit assumé
  • Comparer des produits structurés : la garantie en capital dépend de la solidité de la banque émettrice

Limites / pièges

  • Notations en retard : les agences réagissent souvent après le marché. Le spread est un meilleur signal en temps réel.
  • Concentration sectorielle : les obligations bancaires d'un même pays sont fortement corrélées (cas 2008, 2011).
  • Risque souverain : même les États peuvent faire défaut (Grèce 2012, Argentine plusieurs fois). AAA n'est pas une garantie absolue.
  • Liquidité : sur le High Yield, la sortie en période de stress est difficile et le prix s'effondre.
  • Subordination : dans la structure de capital, certaines dettes (subordonnées, junior) sont remboursées après les autres en cas de défaut.

Voir aussi