Invesse
Épargne

Sortie en rente

Modalité de liquidation d'une épargne (PER, assurance-vie, contrat Madelin) consistant à percevoir un revenu périodique viager au lieu d'un capital. Calculée selon l'âge et le taux technique de l'assureur.

Aussi appelé : rente viagère, aliénation en rente

Définition

La sortie en rente est un mode de liquidation d'un contrat d'épargne par lequel l'assuré renonce à son capital pour percevoir, en échange, un revenu viager versé périodiquement par l'assureur jusqu'à son décès. Cette option concerne principalement le PER, l'assurance-vie et les anciens contrats Madelin/Article 83.

Comment ça fonctionne

À la liquidation, le capital constitutif (par exemple 200 000 €) est converti en rente annuelle selon un taux de conversion propre à l'assureur, fonction de :

  • L'âge à la liquidation : plus on est âgé, plus la rente est élevée
  • Le sexe (en théorie unisex depuis 2012, en pratique des écarts subsistent)
  • Le taux technique appliqué par l'assureur (souvent 0 à 1,5 %)
  • La table de mortalité retenue (TGH/TGF 05 actuellement)
  • Les options choisies : réversion au conjoint, annuités garanties, indexation

Pour 100 000 € convertis à 65 ans sans réversion : environ 4 200 à 4 800 € de rente annuelle (taux de 4,2 à 4,8 %). Avec réversion à 60 % : environ 3 800 €.

Fiscalité :

  • PER (versements déduits) : rente imposée comme une pension de retraite (RVTG), abattement 10 %
  • PER (versements non déduits) : régime des rentes viagères à titre onéreux (RVTO), avec abattement selon l'âge (40 % à 60-69 ans, 30 % au-delà de 69 ans)
  • Assurance-vie : RVTO, abattement selon l'âge à la liquidation
  • Prélèvements sociaux : 18,6% sur la fraction taxable

Quand l'utiliser

  • Espérance de vie longue : femme en bonne santé sans antécédents graves, la rente est mathématiquement plus avantageuse à partir de 85-90 ans
  • Aversion au risque de longévité : peur de manquer d'argent en fin de vie
  • Couple à protéger : option réversion à 60-100 % pour sécuriser le conjoint
  • Pas d'héritiers : le capital « perdu » à 65 ans n'a pas de destinataire

Limites / pièges

  • Aliénation définitive : le capital est perdu pour les héritiers (sauf annuités garanties).
  • Taux de conversion souvent décevant : 4 % à 65 ans, soit l'équivalent d'un placement à rendement modeste, sans risque de longévité mais sans capital récupérable.
  • Inflation : une rente non indexée perd 30 à 50 % de pouvoir d'achat sur 25 ans à 2 % d'inflation.
  • Mortalité prématurée : décès à 70 ans après conversion à 65 ans = perte sèche pour les héritiers (sauf annuités garanties choisies).
  • Alternative souvent supérieure : sur l'assurance-vie, des rachats programmés offrent souvent un meilleur compromis revenu/capital/transmission.

Voir aussi