Abattement résidence principale
Exonération totale de plus-value immobilière lors de la vente du logement servant de résidence principale au cédant à la date de la cession (article 150 U II 1° du CGI).
Aussi appelé : exonération résidence principale, plus-value RP, exonération RP
Définition
L'« abattement résidence principale » est en réalité une exonération totale de plus-value immobilière lors de la cession du logement habité à titre principal par le vendeur, ainsi que de ses dépendances immédiates (cave, garage, terrain attenant). Elle est prévue à l'article 150 U II 1° du CGI et concerne aussi bien l'IR que les prélèvements sociaux de 17,2 %.
Comment ça fonctionne
Pour bénéficier de l'exonération, trois conditions cumulatives :
- Le logement constitue la résidence habituelle et effective du vendeur à la date de la cession
- C'est sa résidence principale (pas secondaire, pas locative)
- La vente est sincère (pas de montage frauduleux)
Tolérance administrative : un déménagement antérieur à la vente ne fait pas perdre l'exonération si le bien est mis en vente dans un délai normal, généralement un an maximum (BOFiP BOI-RFPI-PVI-10-40-10).
Exemple : maison achetée 250 000 € en 2010, vendue 420 000 € en 2026. Plus-value brute : 170 000 €. Si RP : 0 € d'impôt. Si résidence secondaire détenue 16 ans : abattement durée 70 % IR + 26,4 % PS, impôt résiduel ≈ 18 000 €.
Quand l'utiliser
- Vente d'un logement principal avant achat d'un nouveau bien (rachat plus haut sans frottement fiscal)
- Stratégie d'arbitrage patrimonial : revendre la RP pour cristalliser la plus-value sans impôt avant un déménagement
- Cession de dépendances vendues simultanément à la RP (garage à moins d'1 km, terrain attenant)
Limites / pièges
- Délai entre déménagement et vente : au-delà d'un an, risque de requalification en résidence secondaire et perte de l'exonération.
- Mise en location entre déménagement et vente : le bien perd son statut de RP, l'exonération saute.
- Dépendances éloignées ou vendues séparément : taxables.
- Pour les expatriés non-résidents, dispositif distinct plafonné à 150 000 € (article 150 U II 2°).
Source : BOFiP — BOI-RFPI-PVI-10-40-10.
