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Rachat partiel assurance-vie : fiscalité, calcul et optimisation en 2026

Comment est imposé un rachat partiel d'assurance-vie en 2026 ? Découvrez le calcul de la fiscalité selon l'ancienneté du contrat, le fonctionnement de l'abattement et les stratégies d'optimisation.

Billy RousseauBilly Rousseau19 min de lecture
Calculette posée sur un contrat d'assurance-vie avec des billets de banque en arrière-plan, illustrant le calcul de la fiscalité d'un rachat partiel

Retirer de l'argent de son assurance-vie sans tout casser : c'est la promesse du rachat partiel. En 2026, 18 millions de Français détiennent un contrat d'assurance-vie, pour un encours total de 1 976 milliards d'euros selon France Assureurs. Beaucoup ignorent encore comment leur retrait sera imposé.

Le rachat partiel, c'est le fait de retirer une fraction seulement de l'épargne accumulée sur son contrat. Le reste continue de fructifier. Et bonne nouvelle : l'assurance-vie échappe à la hausse des prélèvements sociaux de 2026. Sa fiscalité reste stable, et même très avantageuse passé 8 ans de détention.

Voici tout ce qu'il faut savoir pour calculer l'impôt sur un rachat partiel, comprendre le mécanisme de l'abattement annuel, et optimiser vos retraits pour payer le moins possible.

TL;DR : L'essentiel sur la fiscalité du rachat partiel

  • Seule la part de plus-value est imposable, pas le capital investi : si vous retirez 10 000 € dont 2 000 € de gains, seuls ces 2 000 € sont taxés
  • La fiscalité dépend de l'ancienneté du contrat (moins de 4 ans, entre 4 et 8 ans, plus de 8 ans) et de la date des versements (avant ou après septembre 2017)
  • Avant 8 ans, le taux d'imposition est de [Rate pfuAVRate introuvable] (12,8 % d'impôt + 17,2% de prélèvements sociaux) pour les versements récents
  • Après 8 ans de détention, vous bénéficiez d'un abattement annuel de 4 600€ pour un célibataire ou 9 200€ pour un couple soumis à imposition commune
  • L'abattement s'applique sur l'ensemble des contrats d'assurance-vie détenus par un même foyer fiscal, et il se renouvelle chaque année
  • L'assurance-vie n'est pas concernée par la hausse de CSG de 2026 : les prélèvements sociaux restent à 17,2%, contre 18,6% pour un PEA ou un compte-titres
  • Le rachat partiel préserve l'antériorité fiscale du contrat, contrairement au rachat total qui le clôture définitivement
  • Certaines situations de vie (licenciement, invalidité, retraite anticipée, liquidation judiciaire) permettent une exonération totale d'impôt sur le revenu

Qu'est-ce qu'un rachat partiel d'assurance-vie ?

Un rachat partiel consiste à retirer une fraction de l'épargne disponible sur votre contrat d'assurance-vie, sans le clôturer. Le solde reste investi et continue de générer des intérêts. C'est ce qui le distingue du rachat total, qui vide intégralement le contrat et met fin à l'antériorité fiscale accumulée.

L'assurance-vie est un contrat d'épargne : vous versez des primes, qui sont investies sur un fonds euros (capital garanti) ou des unités de compte (actions, obligations, immobilier). La valeur de rachat évolue avec les performances des supports. Quand vous faites un rachat partiel, vous retirez à la fois une part de capital et une part de plus-values.

La fiscalité ne s'applique que sur la part de gains. C'est une règle fondamentale, trop souvent oubliée. Si votre contrat vaut 100 000 €, dont 80 000 € de capital versé et 20 000 € de plus-values, et que vous retirez 10 000 €, seule la quote-part de gains correspondante est imposable (soit 2 000 € dans cet exemple).

Le délai légal de versement après une demande de rachat est de deux mois maximum, conformément à l'article L132-21 du Code des assurances. Dans la pratique, la plupart des assureurs effectuent le virement sous 5 à 10 jours ouvrés.

La règle d'or : seule la plus-value est taxée

Pour comprendre la fiscalité du rachat, il faut intégrer ce principe : le fisc ne taxe que les gains, jamais le capital. La formule de calcul est la suivante :

Part imposable = Montant du rachat × (Total des plus-values / Valeur totale du contrat)

Prenons un exemple concret. Marie a versé 50 000 € sur son contrat. Aujourd'hui, il en vaut 65 000 €, soit 15 000 € de plus-values. Le ratio de gains est de 23,1 % (15 000 / 65 000). Si elle fait un rachat partiel de 5 000 €, la part imposable est de 5 000 × 23,1 % = 1 154 €. Les 3 846 € restants correspondent au capital, exonéré d'impôt.

Ce ratio est propre à chaque contrat et évolue dans le temps. Plus votre contrat est ancien et performant, plus la part de gains est importante, et donc plus la quote-part imposable de chaque rachat sera élevée.

La bonne gestion de ce ratio est au coeur des stratégies d'optimisation. Un contrat jeune avec peu de plus-values génère mécaniquement moins d'impôt par euro retiré.

Fiscalité selon l'ancienneté du contrat

Le Code général des impôts distingue trois périodes pour l'imposition des gains d'assurance-vie. Elles sont comptées à partir de la date du premier versement, pas de la date de souscription du contrat.

Rachat avant 4 ans : la fiscalité la plus lourde

Retirer son argent avant le quatrième anniversaire du contrat est fiscalement pénalisant. Pour les versements effectués après le 27 septembre 2017, les gains sont soumis au taux de [Rate pfuAVRate introuvable], qui se décompose en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux.

Pour les versements antérieurs au 27 septembre 2017, c'est encore plus sévère : le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) grimpe à 35 %, auxquels s'ajoutent les 17,2% de prélèvements sociaux, soit un total de 52,2 %.

Dans tous les cas, vous conservez la possibilité d'opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cette option peut être intéressante si vous n'êtes pas imposable ou si votre tranche marginale est très basse.

Exemple : Paul a ouvert un contrat il y a 3 ans avec 20 000 € de versements. Le contrat vaut aujourd'hui 21 500 €, soit 1 500 € de plus-values. Il retire 5 000 €. La part de gains imposable est de 5 000 × (1 500 / 21 500) = 349 €. Au taux de [Rate pfuAVRate introuvable], l'impôt est de 349 × 30 % = 105 €.

Rachat entre 4 et 8 ans : une fiscalité intermédiaire

Entre la quatrième et la huitième année, la situation s'améliore pour les versements anciens (avant le 27 septembre 2017). Le PFL passe de 35 % à 15 %. La charge totale (PFL + prélèvements sociaux) tombe à 32,2 %.

Pour les versements récents (postérieurs au 27 septembre 2017), le taux reste inchangé à [Rate pfuAVRate introuvable]. C'est un des effets de la réforme de 2018 : elle a simplifié la fiscalité des nouveaux versements, mais en supprimant la dégressivité entre 4 et 8 ans.

Rachat après 8 ans : le régime de faveur

Passé le cap des 8 ans, la fiscalité de l'assurance-vie devient nettement plus attractive. Deux avantages se cumulent :

D'abord, un abattement annuel sur les gains. Chaque année, 4 600€ de gains sont exonérés d'impôt sur le revenu pour un célibataire, et 9 200€ pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune.

Ensuite, le taux d'imposition baisse. Pour un encours total (tous contrats confondus) inférieur à 150 000 € de primes versées, le taux forfaitaire passe à 7,5 %, soit 24,7 % en incluant les 17,2% de prélèvements sociaux. Au-delà de 150 000 €, la fraction excédentaire est taxée à 12,8 % (soit [Rate pfuAVRate introuvable] au total).

Exemple concret : Luc, célibataire, dispose d'un contrat de plus de 8 ans. Son encours est de 120 000 €, dont 70 000 € de primes versées (inférieur à 150 000 €) et 50 000 € de plus-values. Il retire 30 000 €. La part imposable est de 30 000 × (50 000 / 120 000) = 12 500 €.

L'abattement annuel de 4 600€ s'applique : 12 500 - 4 600 = 7 900 € imposables. Le calcul final est le suivant :

  • Prélèvements sociaux : 12 500 × 17,2% = 2 150 € (les PS s'appliquent sur la totalité des gains, sans abattement)
  • Impôt sur le revenu : 7 900 × 7,5 % = 593 €
  • Total de la fiscalité : 2 743 €, soit 9,1 % du montant retiré

À titre de comparaison, un retrait équivalent sur un compte-titres serait taxé à 31,4%, soit 3 750 €. L'économie réalisée grâce au régime de l'assurance-vie atteint 1 007 €.

L'abattement annuel : mode d'emploi

L'abattement de 4 600€ ou 9 200€ est l'un des piliers de l'optimisation fiscale en assurance-vie. Voici ses règles précises.

Il est annuel et renouvelable. Chaque année civile, vous retrouvez un abattement plein. Si vous ne l'utilisez pas, il est perdu : pas de report possible sur l'année suivante.

Il est global. L'abattement s'applique sur l'ensemble des gains retirés de tous vos contrats d'assurance-vie de plus de 8 ans, pas contrat par contrat. Si vous retirez 3 000 € de gains du contrat A et 2 000 € de gains du contrat B, vos 5 000 € de gains totaux dépassent l'abattement célibataire de 4 600€. Vous serez imposé sur 400 €.

Il ne concerne que l'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux de 17,2% sont dus sur la totalité des gains, sans abattement. C'est une règle constante : les PS s'appliquent dès le premier euro de gain.

La stratégie des rachats programmés

L'abattement annuel ouvre une stratégie simple et puissante : programmer des rachats partiels réguliers pour ne jamais dépasser le seuil d'imposition.

Reprenons l'exemple de Luc. Son contrat a un ratio de gains de 41,7 % (50 000 / 120 000). Pour ne payer aucun impôt sur le revenu, il doit limiter ses gains annuels imposables à 4 600€. Le rachat maximum « zéro impôt » se calcule ainsi :

Rachat max = Abattement / Ratio de gains = 4 600 / 0,417 = 11 031 €

En retirant 11 000 € par an, Luc ne paie que les prélèvements sociaux sur la part de gains (1 893 €), soit un taux effectif de 17,2 % sur les gains seulement. Sur les 11 000 € retirés, cela représente 1 893 € de PS pour 9 107 € nets.

S'il a besoin de 30 000 €, plutôt qu'un rachat unique qui déclencherait 593 € d'IR, il peut étaler l'opération sur trois années civiles : décembre 2026, janvier 2027, janvier 2028. Résultat : zéro euro d'impôt sur le revenu. Le gain fiscal est modeste en valeur absolue, mais le principe d'optimisation est valable pour des montants plus importants.

Option pour le barème progressif : quand est-ce intéressant ?

Pour chaque rachat, vous avez le choix entre le prélèvement forfaitaire et l'intégration des gains à votre barème progressif de l'impôt sur le revenu. L'option est irrévocable et s'exerce sur la déclaration annuelle de revenus.

Le barème progressif est intéressant si votre TMI (tranche marginale d'imposition) est inférieure au taux forfaitaire. Concrètement :

  • Si vous n'êtes pas imposable (TMI 0 %) : le barème progressif vous exonère totalement d'impôt sur le revenu. Vous ne payez que les prélèvements sociaux. C'est toujours le meilleur choix.
  • Si votre TMI est de 11 % : le barème est plus favorable que le taux forfaitaire de 12,8 % (ou 7,5 % après 8 ans), même si l'écart est faible avec le taux réduit post-8 ans.
  • Si votre TMI est de 30 % ou plus : le prélèvement forfaitaire est généralement plus avantageux.

Attention : l'option pour le barème progressif est globale. Elle s'applique à l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l'année, pas uniquement aux gains d'assurance-vie. Vous ne pouvez pas opter pour le barème sur l'AV et pour le PFU sur vos dividendes.

L'établissement payeur (l'assureur) effectue un prélèvement forfaitaire non libératoire au moment du rachat. Ce prélèvement est une avance sur l'impôt définitif, régularisé l'année suivante lors de la déclaration de revenus. Si vous êtes non imposable et avez demandé la dispense de prélèvement (revenu fiscal de référence inférieur à 25 000 € pour un célibataire ou 50 000 € pour un couple), aucun prélèvement n'est effectué à la source.

Les situations d'exonération totale d'impôt

La loi prévoit quatre cas dans lesquels les gains d'un rachat d'assurance-vie sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu. Ces exonérations concernent le souscripteur, son conjoint marié ou son partenaire de PACS.

Le licenciement. Si vous êtes licencié, les rachats effectués avant la fin de l'année civile suivant celle du licenciement sont exonérés d'IR. Exemple : licenciement le 5 mai 2026, les rachats jusqu'au 31 décembre 2027 sont exonérés. Attention, la rupture conventionnelle n'ouvre pas droit à ce dispositif.

La mise à la retraite anticipée. Le départ en retraite avant l'âge légal, dans le cadre d'un plan social ou d'un congé de fin d'activité, permet également l'exonération.

L'invalidité. L'invalidité de 2e ou 3e catégorie (reconnue par la Sécurité sociale) du souscripteur ou de son conjoint ouvre droit à l'exonération.

La liquidation judiciaire. Si le souscripteur est placé en liquidation judiciaire, les rachats sont exonérés d'impôt.

Dans toutes ces situations, les prélèvements sociaux de 17,2% restent dus. L'exonération ne porte que sur l'impôt sur le revenu. Ces dispositifs sont encadrés par l'article 125-0 A du Code général des impôts.

Rachat partiel ou rachat total : quel impact sur l'antériorité fiscale ?

C'est un point essentiel, souvent mal compris. Le rachat partiel préserve l'antériorité fiscale du contrat. Le rachat total, lui, la détruit.

L'antériorité fiscale, c'est le compteur qui tourne depuis la date du premier versement. C'est lui qui détermine si votre contrat a plus ou moins de 8 ans, et donc le régime fiscal applicable aux rachats. Tant que vous ne clôturez pas le contrat, ce compteur continue de tourner.

Si vous avez besoin de liquidités, privilégiez systématiquement un ou plusieurs rachats partiels. Même un rachat partiel de 95 % de l'encours laisse le contrat en vie et préserve l'antériorité. Les 5 % restants continuent de bénéficier du régime de faveur et l'abattement annuel reste mobilisable les années suivantes.

Un rachat total, en revanche, ferme définitivement le contrat. Si vous en ouvrez un nouveau par la suite, le compteur d'ancienneté repart de zéro. Vous devrez attendre 8 nouvelles années pour retrouver les avantages fiscaux.

Cette distinction est particulièrement importante pour les contrats souscrits avant le 27 septembre 2017. Leur régime fiscal est plus favorable (taux réduit à 15 % entre 4 et 8 ans, 7,5 % au-delà sans condition de plafond de versements). Fermer un tel contrat serait une erreur fiscale coûteuse.

Tableau récapitulatif de la fiscalité du rachat

Voici un tableau synthétique de la fiscalité applicable selon l'ancienneté du contrat et la date des versements.

Ancienneté du contratVersements avant 09/2017Versements après 09/2017
Moins de 4 ans35 % + 17,2% = 52,2 %[Rate pfuAVRate introuvable] (12,8 % + 17,2%)
Entre 4 et 8 ans15 % + 17,2% = 32,2 %[Rate pfuAVRate introuvable] (12,8 % + 17,2%)
Plus de 8 ans (encours < 150 k€)7,5 % + 17,2% = 24,7 %7,5 % + 17,2% = 24,7 %
Plus de 8 ans (encours > 150 k€)7,5 % + 17,2% = 24,7 %12,8 % + 17,2% = 30 %

Note : dans tous les cas, l'option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu reste possible. Les taux affichés correspondent au régime forfaitaire. Après 8 ans, les taux s'appliquent après déduction de l'abattement annuel (4 600€ ou 9 200€). Source : Service-Public, « Comment sont imposés les revenus d'un contrat d'assurance-vie ? », consulté le 18/06/2026, https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F22414.

Trois stratégies pour optimiser la fiscalité de vos rachats

1. Programmer des rachats annuels sous le seuil d'abattement

C'est la stratégie de base, accessible à tous. Chaque année, vous retirez un montant dont la part de gains ne dépasse pas l'abattement. Résultat : zéro impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux de 17,2% sont dus.

Cette approche est particulièrement adaptée aux couples mariés, qui bénéficient d'un abattement cumulé de 9 200€. Avec un contrat ayant 30 % de plus-values, un couple peut retirer jusqu'à 30 667 € par an sans payer d'impôt sur le revenu (9 200 / 0,30).

2. Échelonner un besoin important sur deux années civiles

Si vous avez besoin d'une somme conséquente (achat immobilier, travaux, financement des études d'un enfant), réalisez un premier rachat en décembre, puis le second en janvier. Vous mobilisez ainsi deux abattements annuels en l'espace de quelques semaines.

Cette technique simple double votre capacité de retrait exonéré d'impôt. Elle est totalement légale et ne constitue pas un abus de droit. Elle exploite simplement le caractère annuel et non reportable de l'abattement.

3. Purger les plus-values avant la retraite

Beaucoup d'épargnants laissent leur assurance-vie fructifier pendant des décennies sans jamais faire de rachat. Résultat : le ratio de plus-values est très élevé au moment de la retraite, et chaque rachat génère une forte quote-part imposable.

La stratégie consiste à commencer les rachats partiels quelques années avant la retraite, quand les revenus sont encore élevés mais que le départ est proche. L'objectif est de « purger » progressivement les plus-values tout en restant sous l'abattement. Arrivé à la retraite, le contrat a un ratio de gains plus faible, et les rachats complémentaires sont moins taxés.

Cette approche est moins connue mais redoutablement efficace, surtout pour les contrats de plus de 15 ans qui affichent une forte proportion de gains.

Ce qui change (et ne change pas) en 2026

La hausse de la CSG de 1,4 point, entrée en vigueur le 1er janvier 2026 via l'article 12 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, ne s'applique pas à l'assurance-vie.

Les prélèvements sociaux restent à 17,2% pour l'ensemble des gains issus de contrats d'assurance-vie, quels que soient les supports (fonds euros, unités de compte). Ce taux est inchangé depuis le 1er janvier 2019. Il se décompose en 9,2 % de CSG, 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité.

À titre de comparaison, les plus-values sur PEA et compte-titres sont désormais soumises à 18,6% de prélèvements sociaux, ce qui porte le PFU global à 31,4%. L'assurance-vie creuse ainsi son avantage fiscal pour les détentions longues : après 8 ans, un rachat partiel bien calibré peut être imposé à un taux effectif bien inférieur à celui d'un CTO.

Cette stabilité fiscale est un argument fort pour l'assurance-vie comme enveloppe de long terme. Dans un contexte de hausse des prélèvements obligatoires, elle constitue un îlot de prévisibilité pour les épargnants.

FAQ

Quelle est la différence entre un rachat partiel et un rachat total ?
Un rachat partiel consiste à retirer une fraction de l'épargne sans clôturer le contrat. L'antériorité fiscale est préservée et le solde continue de fructifier. Un rachat total vide intégralement le contrat, le clôture, et fait perdre l'antériorité fiscale.
Est-ce que je peux faire un rachat partiel à tout moment ?
Oui, l'assurance-vie permet des rachats partiels à tout moment, sans justification. Le délai légal de versement est de 2 mois maximum (article L132-21 du Code des assurances), mais la plupart des assureurs exécutent le virement sous 5 à 10 jours ouvrés.
Les prélèvements sociaux s'appliquent-ils pendant la phase d'épargne ?
Pour le fonds euros, les prélèvements sociaux sont prélevés chaque année lors de l'inscription des intérêts en compte. Pour les unités de compte, ils ne sont dus qu'au moment du rachat, sur la part de gains. Cette différence de temporalité peut avoir un impact sur la performance nette à long terme.
L'abattement de 4 600 € s'applique-t-il contrat par contrat ?
Non. L'abattement est global et s'applique à l'ensemble des gains retirés de tous vos contrats d'assurance-vie de plus de 8 ans. Si vous détenez trois contrats et retirez 2 000 € de gains sur chacun, vos 6 000 € de gains totaux dépassent l'abattement de 4 600 € (célibataire).
Faut-il déclarer un rachat partiel aux impôts ?
Oui. Les gains sont à déclarer sur votre déclaration annuelle de revenus (formulaire 2042). L'assureur vous fournit un imprimé fiscal unique (IFU) récapitulant les montants. Le prélèvement effectué au moment du rachat est une avance, régularisée l'année suivante.
Que se passe-t-il si je dépasse l'abattement ?
Seule la fraction des gains qui dépasse l'abattement est imposée. Si vos gains annuels sont de 7 000 € et que vous êtes célibataire, les premiers 4 600 € sont exonérés d'IR. Les 2 400 € restants sont taxés à 7,5 % (si l'encours est inférieur à 150 000 €), soit 180 € d'impôt.

Verdict : le rachat partiel, un outil fiscal à maîtriser

Le rachat partiel est bien plus qu'une simple opération de retrait. C'est un levier d'optimisation fiscale qui, bien utilisé, permet de réduire considérablement l'imposition de vos gains en assurance-vie.

Les trois règles à retenir sont simples. Premièrement, seule la plus-value est taxée, jamais le capital. Deuxièmement, l'abattement annuel après 8 ans transforme l'assurance-vie en une machine à générer des revenus défiscalisés, surtout pour les couples. Troisièmement, le rachat partiel préserve l'antériorité fiscale : ne clôturez jamais un contrat de plus de 8 ans sans avoir épuisé toutes les alternatives.

Dans un contexte où les prélèvements sociaux augmentent sur la plupart des placements, l'assurance-vie reste un bastion de stabilité fiscale. Les 17,2% qui s'y appliquent, combinés à l'abattement annuel et au taux réduit de 7,5 % après 8 ans, en font toujours l'une des enveloppes les plus performantes pour l'épargnant de long terme.

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