actusnews

Récap actu du 17 octobre : Ormuz sous tension et réforme de l'apport-cession

Le récap économique du 17 octobre 2026 : pétrole proche de 110 dollars, recul du Bitcoin, pertes des fonds exposés à l'IA, fiscalité et immobilier.

Billy RousseauBilly Rousseau••14 min de lecture
Récap de l'actualité économique et financière du 17 octobre 2026

Voici le récap de l'actualité économique et financière du samedi 17 octobre 2026. Les places boursières européennes et américaines étaient fermées, mais l'information n'a pas marqué de pause. Un nouvel incident maritime dans le détroit d'Ormuz a renforcé les inquiétudes sur l'approvisionnement pétrolier. Les fonds exposés au thème de l'intelligence artificielle ont dressé le bilan d'une semaine difficile. En France, le débat budgétaire a remis l'apport-cession au centre de l'actualité fiscale, tandis qu'une enquête a confirmé l'attachement des ménages à la propriété immobilière. BFM Business et Reuters ont documenté les principaux risques financiers du week-end.

Les marchés actions le 17 octobre 2026

Aucune clôture du CAC 40, du STOXX 600 ou de Wall Street n'a eu lieu samedi. L'information de marché publiée le 17 octobre portait donc surtout sur les conséquences de la séance du vendredi et sur les positions des investisseurs. Selon une dépêche Reuters reprise par Boursorama, les fonds fondamentaux mondiaux long-short ont perdu 2,9 % pendant la semaine achevée le 15 octobre. Ils restaient néanmoins en gain de 14,3 % depuis le début de l'année. Les gérants spécialisés dans les actions asiatiques ont, eux, reculé de 6,8 % durant la première moitié d'octobre.

Cette correction a touché en priorité les segments les plus dépendants d'investissements massifs. Les obligations de CoreWeave ont vu leur rendement dépasser 15 %, signe d'une prime de risque accrue autour du financement des centres de données. Jeudi, les fonds de sélection de titres ont perdu 0,9 % au niveau mondial, les fonds orientés Asie 2,6 % et les portefeuilles technologiques 2,0 %. La même dépêche Reuters indique que le KOSPI sud-coréen avait chuté de 8 % à la clôture de jeudi, alors que le marché taïwanais avait perdu plus de 3 %.

« Un dénouement classique et fulgurant d'une position surchargée », a résumé Bruno Schneller, associé gérant chez Erlen Capital Management, dans la dépêche Reuters.

Le financement de l'IA n'est pourtant pas à l'arrêt. Anthropic aurait proposé à Blackstone un rendement supérieur à 10 % pour une opération liée à la location de puces. Les fonds de Blackstone investiraient 9 milliards de dollars dans une dette garantie par cinq années de loyers versés par Anthropic. Reuters précise ne pas avoir vérifié indépendamment l'information initialement publiée par le Financial Times. Le rendement demandé montre toutefois combien le coût du capital devient une question centrale pour les infrastructures d'intelligence artificielle.

Le marché primaire offre une image contrastée. À Hong Kong, 118 entreprises ont fait leur entrée en Bourse pendant les neuf premiers mois de 2026, pour 388 milliards de dollars de Hong Kong levés, soit 49,4 milliards de dollars américains et une progression annuelle de 106 %. Simon Yuan, responsable de la banque d'investissement en Chine chez Citi, estime que les introductions liées à la chaîne d'approvisionnement de l'IA peuvent continuer, grâce aux capitaux venus de Chine continentale. Il prévient cependant qu'un retournement complet du cycle américain se répercuterait aussi sur Hong Kong. Reuters rapporte que les investisseurs devraient davantage examiner la croissance et la rentabilité des éditeurs de modèles et d'applications en 2027.

Aux États-Unis, Klook Technology a au contraire retiré son projet d'introduction en Bourse en raison de la volatilité. La plateforme hongkongaise avait demandé une cotation à New York sous le symbole KLK. Son chiffre d'affaires 2024 avait progressé de 24 % à 417,1 millions de dollars, et l'entreprise prévoit plus de 80 millions d'expériences réservées en 2026. Klook rejoint Oura et Holtec parmi les sociétés ayant repoussé leur cotation, dans un contexte de rendements obligataires élevés et d'incertitude géopolitique. Reuters cite un porte-parole selon lequel les conditions de marché ne permettaient pas de lancer l'opération au bon moment.

Taux et obligations

Les marchés obligataires souverains étaient fermés samedi, aucun nouveau rendement de clôture de l'OAT française, du Bund allemand ou du Treasury américain n'a donc été produit le 17 octobre. L'actualité publiée pendant le week-end confirme néanmoins que le coût du financement demeure au centre des décisions. Les obligations de CoreWeave avaient dépassé 15 % de rendement au cours de la semaine, tandis que la hausse générale des rendements et la perspective d'une politique monétaire restrictive ont participé au retrait du projet d'introduction en Bourse de Klook. Reuters et sa dépêche consacrée à Klook relient directement le renchérissement du capital à la prudence des investisseurs.

Le taux supérieur à 10 % proposé dans le montage Anthropic et Blackstone va dans le même sens. Il ne s'agit pas d'un taux souverain, mais d'une rémunération privée exigée pour financer 9 milliards de dollars de dette adossée aux loyers de puces. Reuters n'a pas confirmé indépendamment le montage rapporté par le Financial Times. Ce signal doit donc être lu comme une information conditionnelle, pas comme une transaction définitivement finalisée.

Énergie : le détroit d'Ormuz reste le principal risque

Les Gardiens de la Révolution ont affirmé samedi qu'un superpétrolier transportant plus de 2 millions de barils avait heurté une mine dans le détroit d'Ormuz, provoquant une explosion et un incendie. Ils ont accusé le navire d'avoir tenté de franchir le passage sans autorisation et avec ses systèmes de localisation désactivés. BFM Business rapporte aussi qu'au moins 24 navires avaient été touchés pendant les deux semaines précédant le 11 octobre, selon une analyse du Financial Times fondée sur les chiffres de l'UKMTO.

La Tribune a également publié samedi une alerte consacrée à deux pétroliers visés au large de l'Arabie saoudite. Les deux médias confirment que la sécurité maritime dans le Golfe demeure un facteur direct pour les prix de l'énergie. Avant la guerre, environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux transitait par Ormuz, passage large d'une trentaine de kilomètres dans sa partie la plus étroite, selon BFM Business.

La dernière séance disponible avait déjà intégré cette tension. Vendredi, le Brent pour livraison en décembre avait gagné 3,72 % à 109,86 dollars, après un passage bref à 110 dollars. Le WTI pour novembre avait progressé de 3,51 % à 101,41 dollars. Le gaz européen TTF avait avancé de 2,69 % à 88,76 euros le mégawattheure. Ces chiffres sont ceux de la séance du vendredi, rappelés dans l'article publié samedi par BFM Business, et non des cours de clôture du samedi.

Crypto : Bitcoin et Ether reculent légèrement samedi

Le marché des cryptomonnaies a continué de coter pendant le week-end. Entre la première ouverture horaire et la dernière clôture horaire du 17 octobre en temps universel, le Bitcoin est passé de 81 501,69 dollars à 81 381,40 dollars, soit une variation de -0,1476 %. Son plus haut horaire a atteint 81 655,46 dollars et son plus bas 80 720 dollars. Le calcul repose sur les 24 points horaires fournis par l'API de Yahoo Finance.

L'Ether a davantage reculé sur la même plage horaire. Il est passé de 2 420,16 dollars à 2 399,82 dollars, soit -0,8404 %. Le plus haut observé s'est établi à 2 438 dollars et le plus bas à 2 356,20 dollars. Ces données proviennent également de 24 observations horaires de Yahoo Finance. Elles décrivent le mouvement du samedi en UTC et ne constituent pas une clôture officielle, puisque les cryptoactifs sont négociés en continu.

La lecture reste donc prudente. Le Bitcoin a résisté autour de 81 000 dollars malgré la hausse du pétrole et la nervosité observée sur les actifs technologiques pendant la semaine. L'Ether a été plus faible, sans mouvement comparable aux corrections constatées dans certains segments actions liés à l'IA. Les données horaires de Yahoo Finance pour le Bitcoin et pour l'Ether montrent surtout une séance contenue, avec des amplitudes intrajournalières limitées par rapport aux épisodes de forte volatilité.

Immobilier : la sécurité du logement payé avant le salaire

Une enquête Immonot menée auprès de 942 internautes place la sécurité patrimoniale devant le niveau de revenu. À la question opposant un salaire net mensuel de 2 500 euros avec un logement entièrement payé à un salaire de 5 000 euros en restant locataire, 59 % choisissent la première situation et 24 % ne tranchent pas. Pour 43 % des personnes interrogées, la propriété représente d'abord une sécurité. MySweetImmo précise que 63 % ne considèrent pas la résidence principale comme un signe de richesse en soi.

La pierre conserve toutefois son rôle de socle patrimonial. Parmi les répondants, 81 % voient l'immobilier comme l'un des meilleurs moyens de se constituer un patrimoine et 70 % pensent que l'accès à la propriété est devenu plus difficile que pour la génération précédente. L'aide familiale apparaît déterminante pour 83 % des participants. Le sondage publié par MySweetImmo montre aussi que 47 % croient encore possible de bâtir un patrimoine important par le seul travail, contre 48 % qui pensent le contraire.

« Gagner plus ne signifie pas forcément se sentir plus riche », observe François-Xavier Duny, président de Notariat Services, cité par MySweetImmo.

Le résultat éclaire les arbitrages des ménages dans un environnement où le crédit reste contraint. La richesse est d'abord associée à l'absence de soucis financiers par 30 % des répondants, devant la liberté de choisir sa vie à 18 % et la santé à 17 %. Gagner beaucoup d'argent n'arrive qu'à 5 %. La valeur du patrimoine est retenue comme critère de richesse par 34 %, contre 10 % pour le seul revenu. Ces proportions sont celles de l'enquête Immonot présentée par MySweetImmo, et ne prétendent pas représenter mécaniquement l'ensemble de la population française.

Macroéconomie : dette, Russie et industrie française

À Bangkok, les assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale ont suscité des manifestations contre les politiques d'austérité. Les participants réclamaient notamment davantage de financement climatique, des réformes fiscales et des annulations de dette. Le FMI défend de son côté un rééquilibrage des finances publiques, par la baisse des dépenses ou la hausse des recettes, après plusieurs années de crises. BFM Business rapporte que le Fonds recommande un meilleur ciblage des subventions à l'énergie et à l'alimentation.

« Les Thaïlandais sont déjà pauvres. S'il vous plaît, ne nous rendez pas encore plus pauvres », a déclaré l'agriculteur Sombat Chuekrod à BFM Business.

L'économie russe présente un autre exemple de contrainte financière. Entre janvier et juillet 2026, 33 % des grandes et moyennes entreprises suivies par Rosstat étaient déficitaires, soit deux points de plus qu'un an auparavant. Leurs bénéfices agrégés ont chuté de 16 %. Le nombre de secteurs considérés comme déficitaires est passé de trois à onze, avec la métallurgie, le bois, l'extraction minière, l'automobile, les loisirs et l'assurance parmi les activités concernées. BFM Business attribue cette dégradation au coût du crédit, aux impôts et au ralentissement de la demande.

Les entreprises russes empruntent à des taux proches de 20 %, alors que la banque centrale a maintenu son principal taux directeur à 14 % en septembre après dix baisses successives. L'inflation atteignait encore 6,4 % en septembre pour une cible de 4 %. Les investissements en capital fixe ont diminué de 10 % sur un an au premier semestre. Le FMI prévoit une croissance russe de 0,9 % en 2026 puis en 2027, après environ 4 % en 2023 et 2024. Ces chiffres et comparaisons sont rassemblés par BFM Business, à partir de Rosstat, d'Izvestia et des projections du FMI.

En France, l'agroalimentaire s'inquiète aussi de sa compétitivité. La balance commerciale du secteur avait atteint en 2025 son plus bas niveau depuis 50 ans. Pour le Salon international de l'alimentation, environ 600 entreprises françaises étaient annoncées, contre 700 italiennes, tandis que l'Espagne rejoignait la France. Jean-François Loiseau, président de l'Association nationale des industries alimentaires, affirme que seulement un quart de la production agroalimentaire française est exporté, principalement vers des marchés proches. BFM Business rapporte son appel à mieux coordonner la promotion internationale de la filière.

Le débat français dépasse les seules entreprises. Selon un sondage Ipsos cité par Le Figaro, 21 % des jeunes titulaires d'un Bac+5 se disent confiants dans la situation politique du pays. L'article décrit des diplômés qui envisagent de prolonger leur expatriation face aux salaires, aux impôts, aux difficultés de recrutement et à l'incertitude budgétaire. Ce chiffre mesure un état d'esprit dans une catégorie précise et ne doit pas être extrapolé à tous les jeunes actifs.

Fiscalité et régulation

L'Assemblée nationale a adopté vendredi soir une réforme de l'apport-cession, annoncée samedi par plusieurs médias. Le mécanisme permet de reporter l'impôt sur une plus-value lorsqu'un entrepreneur apporte ses titres à une holding avant leur vente. Le gouvernement évaluait à 34 milliards d'euros le montant des plus-values en report fin 2023 et attendait 500 millions d'euros de recettes en 2027. BFM Business et Le Figaro ont repris la même dépêche AFP sur le vote, il s'agit donc de deux relais d'une source d'agence commune et non de deux enquêtes indépendantes.

Le texte a été assoupli pour exclure les successions et limiter la nouvelle taxation à certaines donations. Il vise notamment des titres cédés dans les huit ans suivant leur apport à une holding, sous conditions de réinvestissement. Le paiement pourrait être étalé sur dix ans. Un sous-amendement a rétabli l'application aux opérations anciennes pour les donations réalisées à compter du 1er octobre 2026. L'article a été adopté par 25 voix contre 23, mais le ministre des Comptes publics a indiqué que la rédaction devait encore évoluer pendant la navette parlementaire. Les détails concordants sont rapportés par BFM Business et Le Figaro.

En Inde, la régulation a pris une forme plus opérationnelle. L'autorité de sécurité alimentaire du Maharashtra a cité des responsables de Reliance Retail, Reliance Consumer, Blinkit et Hyperpure dans une enquête sur des aliments périmés susceptibles d'avoir réintégré la chaîne de distribution. Les licences de cinq établissements, trois liés à Reliance et deux à Eternal, ont été suspendues. Reuters indique que les entreprises n'avaient pas immédiatement répondu à ses demandes de commentaires. L'enquête porte sur le suivi des stocks confiés à des prestataires de destruction et sur leur éventuelle remise en circulation.

Ce qu'il faut retenir

Le samedi 17 octobre a surtout renforcé trois thèmes. Le risque énergétique reste élevé autour du détroit d'Ormuz, avec un Brent déjà proche de 110 dollars lors de la dernière séance disponible. Le financement de l'intelligence artificielle continue, mais avec des rendements exigés plus élevés et une sélection accrue des dossiers. Enfin, les débats français sur la fiscalité, la propriété et la compétitivité traduisent une recherche de sécurité dans un environnement plus contraint. Toutes les données de marché citées correspondent soit au vendredi 16 octobre, clairement signalé, soit aux cotations crypto du samedi. Rendez-vous demain pour le prochain récap. BFM Business, Reuters et MySweetImmo permettent de retrouver les principaux éléments.

Sources

Sources consultées le 18 octobre 2026 :

Après l’actualité

Du contexte à une décision documentée

Une actualité n’est pas une recommandation. Replacez-la dans un guide durable, vérifiez les notions, puis consultez comparateurs et avis si nécessaire.

  1. Étape 1Comprendre le sujet

    Revenir à un guide evergreen avant d’agir sur une actualité.

  2. Étape 2Vérifier un terme

    Consulter une définition sans dupliquer les guides.

  3. Étape 3Comparer les solutions

    Comparer seulement lorsque le besoin est défini.

  4. Étape 4Lire les tests détaillés

    Terminer par un avis produit ou établissement.

La lettre Invesse

Moins de bruit. Plus de décisions utiles.

La sélection de la rédaction, directement dans ta boîte mail.

Sans spam. Désinscription en un clic. En t’inscrivant, tu acceptes notre politique de confidentialité.

Partager :

Continuer la lecture